dimanche 6 décembre 2009

Partir ou rester

Chère amie,

Je suis ravie de constater que ton débit d’écriture revient à la normale. Le caillot qui bouchait l’artère s’est enfin résorbé. Tant mieux, ton cœur reprend son rythme habituel. Du moins, aussi régulier puisse t-il être avec la vie que nous menons. C’est que nous le malmenons ce petit cœur, autant que lui envers nous.



J’ai remarqué dernièrement que la vie ne tournait pratiquement qu’autour de deux axes, la vitesse et la normalité. Tout doit aller si vite. Tout doit rentrer dans des cases. Nous sommes si facilement marginalisés. C’en est presque effrayant.
Je me suis fait la réflexion cette nuit que la vie est comme un train. Nous pouvons prévoir les choses, acheter son billet à l’avance et s’installer avant le départ. Nous pouvons aussi arriver au dernier moment, sur un coup de tête, comme un élan subit de courage qui nous pousse à nous lancer dans l’aventure. Ou nous pouvons aussi rester assis sur le quai de la gare, à regarder le train partir sans nous.

Ce qui est bien avec la vie, c’est que nous pouvons choisir à tout moment quand nous souhaitons vivre ou ne plus vivre, monter ou descendre du train comme bon nous semble. Ce n’est pas parce que nous avons raté le départ d’un train, même deux ou plus, que nous ne pourrons plus jamais monter à bord du train suivant. Nous aurons droit à autant de chance que nous souhaitons.
Nous avons le droit à l’erreur, et je trouve ça formidable.


Aphasia… Ou le recueil de nos écueils. La promesse d’un billet pour un train futur.

Avec toute mon amitié,
Zyria.

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