Ma chère Inconsciente,
J’ai longuement réfléchi à comment commencer cette lettre, quel sujet aborder, le ton à employer… Finalement, je vais laisser mes mains choisir d’elles-mêmes, un peu comme une « étincelle » (je repense à l’exposition sur la subversion des images d’hier où la photographie était assimilée à l’écriture automatique) et je compléterai des passages avec des textes que tu reconnaitras surement.
Aphasia, mélocomatic… Deux mots que nous n’arrivions pas à départager, mais deux mots qui dans le fond ne sont pas si différents que ça. Aphasie, mélancolie, coma… Tous des termes assez tristes, être dans un état comateux à force de chagrin, de regret, de remord du passé, incapable d’en parler, de parler tout simplement...
C’est dur de continuer à avancer parfois. On a l’impression de trainer un poids, trainer sa peine en réalité. Alors est-ce nous qui nous nous trainons aussi lentement ou le monde autour qui se ligue contre nous pour avancer trop vite, pour nous étourdir, qu’on perde nos repères ? Je crois que c’est la vie qui veut ça, [elle] ne nous offre pas ce qu’on mérite. Non pas que nous n’ayons rien fait pour l’obtenir, mais elle refuse tout simplement de nous le donner, comme dans ces manèges où les enfants espèrent toujours décrocher le pompon offrant un tour gratuit, mais que la personne tenant la ficelle se fait un malin plaisir de le relever lorsque des petits doigts l’effleurent. J’ai l’impression que ma vie est un manège sans fin, et à chaque tour, le pompon m’échappe.
Et puis… Il y a ce silence. On a ce désir de se retrouver seul avec soi même, penser sans bruit pour nous perturber, mais le silence peut aussi être cette incapacité à parler, l’absence de mot à mettre sur ce que l’on sent, ou l’absence de mot que l’on attend… Alors oui, ce silence est à la fois apaisant et effrayant, on le recherche et on le fuit en même temps, c’est assez paradoxal.
Aphasia, écrire car l’on ne veut plus parler ou que l’on ne le peut plus.
Oui vraiment, je pense que l’on a bien choisi.
Bien à toi,
Zyria.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire